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Rue Paradis

La Rue Paradis

Si pendant longtemps, la cité phocéenne a été perçue comme une ville populaire, aujourd'hui une petite promenade dans la rue Paradis suffit à effacer les préjugés.

En effet, la rue paradis plus longue artère de l'hyper-centre de Marseille qui relie la célèbre Canebière (depuis la place Général de Gaulle) à l'avenue du Prado, est considérée comme un espace de luxe par l'ensemble des Marseillais, un symbole de réussite sociale.

Très vite adoptée par la bourgeoisie qui lui a donnée cette signature très particulière, elle est aujourd'hui un lieu privilégié du shopping haut de gamme avec sa myriade de galeries d'art, d'instituts de beauté et de boutiques de luxe devant lesquelles il fait bon flâner. Devenant une sorte de « petit coin » bobo dans une Marseille, il est vrai, souvent plus populaire.

Cette rue qui rayonne sur les 1er, 6ème et 8ème arrondissements de la cité doit son nom au prieuré St Pierre de paradis érigé au XIème siècle ainsi qu'à l'église Sainte Marie du Paradis construite en 1213.

Malheureusement en 1524, Marseille est en état de siège, une rumeur annonce les troupes du connétable de Bourbon aux portes de la ville.

Dans l'affolement général, l'église et le prieuré Paradis sont détruits afin d'assurer la défense de la cité. Au XVème siècle, la rue prend l'appellation de Sainte Catherine avant d'adopter définitivement au XVIème siècle, le nom de rue Paradis.

L'urbanisation de la rue se fera en deux temps, avec en 1666 l'aménagement d'un premier tronçon conquis sur les marais, reliant l'actuelle place du Général de Gaulle à la place Estrangin, sur l'ordre du Roi Soleil qui souhaite alors agrandir les remparts de la cité.
A l'époque, la rue prend fin à la porte Paradis (l'actuelle place Estrangin-Pastré).

Le second tronçon reliant l'avenue du Prado sera quant à lui aménagé en plusieurs étapes, avec en 1803 un premier prolongement jusqu'à la rue Falques, puis jusqu'à la place Ernest Delibes en 1848 et enfin jusqu'à l'avenue du Prado en 1880.

Certains numéros de la rue Paradis sont plus célèbres que d'autres et méritent donc le détour:
Le numéro 38 qui abritait autrefois l'épicerie Charles Meunier dans laquelle Stendhal entrera comme commis en 1805.

Le numéro 58 qui abrite un magnifique hôtel à la façade Louis XV, construit de 1728 à 1737 par Alexandre Louit commissaire principal de l'arsenal des galères, avant d'être cédé au banquier Pascal qui lui donnera son nom.

Le numéro 124 qui abrite l'église Saint Joseph, œuvre de l'architecte Pascal Coste, commandée par Monseigneur Mazenod en 1837.

Et enfin le 588, numéro imaginaire inventé par le réalisateur Henri Verneuil pour évoquer son enfance d'immigré arménien dans le Marseille des années 20, à travers son film « 588 Rue Paradis ».
Cependant, ne recherchez pas ce numéro car la rue s'arrête au 576…

C'est également dans cette rue que débutent en 1949 les aventures littéraires du désinvolte commissaire San Antonio sous la plume de son créateur, l'immense Frédéric Dard. En effet le premier roman San Antonio prend naissance sous la chaussée de la rue Paradis par la découverte d'un corps sans vie.

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