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Une évasion au Palais Longchamp
Depuis toujours, Marseille a manqué d’eau, c’est pourquoi au XVIème siècle la municipalité envisage de creuser un canal qui alimenterait la ville à partir de la Durance. Ce projet devient vital lorsque l’épidémie de choléra de 1835 s’abat sur la ville. Ainsi, la construction de 18 ponts aqueducs, l’ouverture de souterrains et la ténacité des élus (dont le maire Consolat) permettent après 10 ans de travaux d’arriver à bout de ce tunnel, long de 85 kilomètres.
Dés 1939, on imagine l’édification d’un château d’eau qui rendrait hommage à l’or bleu, si précieux dans nos régions. L’architecte de Notre-Dame de la Garde, Henry Espérandieu a alors l’honneur de moduler la plus remarquable des œuvres construites à Marseille sous le Second Empire.
Inauguré en 1869, le « château » commémore l’arrivée des eaux du canal de la Durance à Marseille. Pensé également comme un espace culturel, il abrite : le musée des Beaux-arts, le Muséum d’histoire naturelle ainsi que le parc zoologique et botanique.
L’eau est le fleuron incontesté dans ces jardins aux décors théâtralisés avec leurs fontaines, leurs cascades et leurs bassins, censés rafraîchir les visiteurs venant les arpenter. Ce décor luxuriant symbolise l’abondance et la fertilité, données à la cité par l’eau, véritable source de joie et de richesse, particulièrement en pays méditerranéen.
A noter, les lions et tigres du sculpteur Antoine Louis Barye qui protègent l’entrée, ou encore, la fontaine prodigieuse qui trône au centre de la colonnade.
Un trésor, témoin muet de l’histoire
La beauté du décor intérieur reste fidèle à l’avant goût proposé à l’extérieur. Entre l’escalier d’honneur du musée des beaux-arts, orné de deux grandes toiles de Puvis de Chavannes (Marseille, Colonie grecque et Marseille, Porte d’Orient) et la salle Provence, véritable héritière de la muséographie ancienne, le Palais regorge de témoignages artistiques allants du XVIème au XIXème siècle. Période faste où la France et l’Italie sont mises à l’honneur.
Pérugin, Lanfranco, Tiepolo illustrent ce savoir-faire italien ; quant à Vouet, Lesueur ou encore Philippe de Champaigne, ils représentent le coup de main français. Sans oublier le talent des petits maîtres provençaux illustrés par Pinson, Daret et le plus célèbre d’entre eux, Pierre Puget l’enfant du pays.
Mais, le musée des Beaux-arts n’est pas le seul témoin d’un passé si chèrement exposé au Palais Longchamp. Dans l’aile droite, se cache le Muséum d’histoire naturelle depuis 1869 qui regroupe les collections de la ville datants du XVIIIème siècle ainsi que des dons de l’Etat.
Un Muséum témoin intemporel de la vie politique, économique, et scientifique de la ville. De nombreux négociants, armateurs et naturalistes locaux ont contribué à l’enrichissement des collections. Ce qui lui a valu, en 1967, d’être classé en première catégorie comme neuf autres grands Muséums de France.
En deux siècles, le Muséum d’histoire naturelle a collecté des pièces inestimables du patrimoine naturel qu’il met à disposition du public comme des scientifiques.
L’antique Massalia et ses sept collines s’aperçoit de l’observatoire de l’esplanade Longchamp et offre aux amateurs une ballade inoubliable, notamment lors des soirées estivales.