LE MOT DU PRÉSIDENT
Il y a plus de cent ans, des personnalités de Marseille, profondément attachées à leur ville et se rendant compte que le Tourisme était, pour la France en général et pour Marseille en particulier, une source de profits pour tous, fondèrent un Syndicat d’Initiative. Cet exemple devait être suivi, d’années en années, par nombre d’autres communes de notre région. Nous nous devons aujourd’hui d’exprimer notre gratitude à ces précurseurs.
Nous ne saurions mieux faire, pour situer le point de départ et mettre en évidence le but même de cette création du S.I., que de citer un ouvrage dédié à Monsieur Lucien ESTRINE, Président-Fondateur: «Un beau matin d’été, c’était en 1902, Mr Louis FAUCHE donnait en première du «Petit Marseillais» un article intitulé «Un Syndicat d’Initiative S.V.P». Le jour même, Mr Lucien ESTRINE invitait Messieurs ARTAUD et FAUCHE à déjeuner : au dessert le Syndicat d’Initiative était fondé.
A quelques temps de là, Lucien ESTRINE qui présidait cet organisme, dont on ne dira jamais assez le bien qu’il a rendu à notre chère Cité par des services de premier ordre, frappé de l’intérêt pratique de regrouper les associations similaires, décide, avec son Conseil, de réunir un Congrès qui se tiendra à Marseille du 27 au 30 Octobre 1903.
Trente trois S.I., nous dit la chronique, prirent part à ces assises du Tourisme représentant : la Lorraine, la Savoie, le Béarn, le Comté de Foix, le Languedoc, le Dauphiné, le Nivernais, le Berry, l’Auvergne, le Comté de Nice, la Franche Comté, le Lyonnais, la Catalogne, le Velay, le Vivarais et la Provence.
On sait que Grenoble fut le berceau des Syndicats d’Initiative en France. Grâce à Mr ESTRINE, Marseille en fut le lieu de baptême et de confirmation. Du Congrès de 1903 les S.I. sortirent grandis et affermis. Ils allaient croître et se multiplier avec une rapidité et une force auxquelles on était loin de s’attendre. L’œuvre conçue en Dauphiné par le Comte de MONTAL devenait, grâce au Syndicat d’Initiative de Marseille présidé par Monsieur ESTRINE, une œuvre nationale.
L’activité du S.I. s’accentua d’années en années et il participera largement aux deux grandes expositions coloniales, qui se tinrent à MARSEILLE : en 1906, où le grand poète provençal Frédéric MISTRAL inaugurera le pavillon du S.I. et en 1922.
On ne compte plus, en outre, les manifestations sociales et folkloriques auxquelles il apportera son concours: quinzaines commerciales, Fêtes du Rhône, foires expositions, etc... On ne compte plus également ses publications : dépliants touristiques, livres de propagande, journaux ou revues, fascicules.
1928 devait être de nouveau une année de gestation : des personnalités de notre ville décidèrent de fonder un organisme qu’ils allaient baptiser Office du Tourisme, destiné à compléter et a étendre encore les buts poursuivis par le S.l. La presse y sera extrêmement favorable :
«Allons tant mieux : un mouvement très accentué se dessine à Marseille en faveur du développement touristique. Réjouissons nous de cette orientation économique nouvelle et surtout ne cessons de répéter que celle industrie moderne qu’est le Tourisme, peut et doit constituer dans une ville comme la nôtre une source intarissable de revenus».
Le journal «Le Petit Marseillais» du même jour approuvera aussi : «Urbanisme et Tourisme de Marseille, dont nous avons annoncé la création, d’ailleurs si sympathiquement accueillie dans tous les milieux qui veulent sérieusement plus de prospérité dans notre ville. Ce programme répond à la loi de l’évolution, mais celle-ci demande à être conduite par une volonté unanime, un vaste effort commun».
Le journal «Le Petit Provençal» écrit de son côté: «Les grands courants de migrations humaines ignorent presque Marseille. Elle n’est sur leurs itinéraires qu’un point presque ignoré. On la traverse en train, en bateau. Il faut en faire un point de passage choisi. Mieux un point de séjour».