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La cathédrale de la Major, un monument historique unique
La basilique de Sainte-Marie Majeure, plus communément appelée « la cathédrale de la Major », est l’unique cathédrale édifiée en France au XIXème siècle. Admirée pour sa prestance, elle est reconnue comme l’une des plus grandes cathédrales érigée en France depuis le Moyen Age. Bâtie entre 1852 et 1893, sa puissance visuelle rivalise de noblesse avec la basilique Saint-Pierre de Rome. Une image qui devait être digne du prestige de la Cité phocéenne. Mais sa construction n’a pu s’envisager qu’au prix de la mutilation de l’ancienne cathédrale Notre-Dame, l’ancienne Major.
La Nouvelle Major prend donc place à l’ouest des vestiges de la Vieille Major. Mais, les constructions nécessaires à son implantation ont révélé l’existence d’une troisième église paléochrétienne. Les cathédrales de Sainte Marie Majeure dite la Major étaient enfin réunies.
Considérée comme la plus ancienne cathédrale de Marseille, la Major date du IVème siècle. Véritable vitrine de l’architecture romane provençale, elle exhibe sa façade en pierre rose de La Couronne.
En 1852, la destruction de l’antique cathédrale est amorcée pour ouvrir la voix à la modernité, mais la Société française pour la conservation des monuments veille et proteste. Résultat : le chœur et une travée sont sauvés de la destruction totale.
Déclassée en église paroissiale lors de l’élaboration de la nouvelle Major, le culte y sera toujours pratiqué jusque dans les années cinquante. Pourtant, loin d’être affaiblie par ces changements, elle reçoit en 1840, l’appellation de Monument historique. Située sur une esplanade aérée, à l’écart du centre ville, elle offre un lieu de prière et de méditation aux dimensions gigantesques et à la décoration originale qui peuvent séduirent et intriguent. Les pierres vertes de Florence et blanches de Calissane lui donnent un aspect extérieur peu orthodoxe, confirmé par son orientation nord-sud contraire à la tradition des bâtisseurs !
Une cathédrale de style romano-byzantin
En 1852, c’est le prince président, Louis-Napoléon Bonaparte, qui pose la première pierre à cet édifice d’inspiration byzantine. Elle marie avec beaucoup de grâce les caractéristiques du roman par son élévation, du gothique par son plan et du byzantin par sa décoration. Conçu par Léon Vaudoyer, le plan en croix latine relie ainsi le monde de l’Occident à celui de l’Orient par la présence de clochers et de coupoles, à l’image de Notre-Dame des Doms à Avignon.
Cet édifice atypique forme une unité architecturale originale, sans comparaison avec les créations du même type réalisées au XIXème siècle. En effet, sa structure tripartite, au centre de laquelle un portique monumental est encadré de deux tours, présente un plan singulier.
Le chœur, surmonté d’une nef de 20 mètres, est ceinturé par un déambulatoire bordé de plusieurs chapelles rayonnantes. A noter que la chapelle accueille le tombeau de Mgr de Mazenod, religieux débonnaire et dévoué aux miséreux, que Jean-Paul II a canonisé en 1995. La décoration intérieure, en marbre et en porphyre, s’inspire quant à elle d’éléments ornementaux empruntés aux cathédrales italiennes de Luques et de Sienne.